La première question qu’on nous pose sur un mariage au Maroc porte sur les papiers. La question qui devrait venir en premier porte sur le mois.
19,1
janv
20,7
févr
23,6
mars
25,7
avr
29,4
mai
33,6
juin
37,7
juil
37,4
août
32,5
sept
28,5
oct
23,1
nov
20,2
déc
Trente-sept degrés de maximale moyenne, ce n’est pas une chaleur d’été agréable. C’est une contrainte qui décide de tout le déroulé.
Ce que 37 degrés interdisent réellement
Un mariage à Marrakech en juillet reste possible. Simplement, il ne ressemble pas à ce que les couples imaginent quand ils choisissent le Maroc.
Aucune cérémonie en extérieur avant la fin de journée. Pas avant 19 heures, et encore. Une cérémonie à 17 heures en juillet, dans un jardin, avec des invités en costume et des personnes âgées : c’est un malaise, au sens médical du terme, et nous en avons vu.
Un dîner qui commence tard. La terrasse ne redevient praticable qu’après le coucher du soleil. Cela repousse mécaniquement le dîner vers 21 h 30 ou 22 heures, ce qui convient très bien à une partie de vos invités et beaucoup moins aux enfants et aux grands-parents.
Une logistique de rafraîchissement qui coûte cher. Brumisateurs, ventilateurs, ombrages, eau en quantité, un vestiaire climatisé où les invités peuvent se réfugier. Ce sont des lignes de budget réelles, et elles arrivent en supplément de tout le reste.
Des fleurs qui ne tiennent pas. C’est le point que les couples découvrent le jour même. Une composition montée à 10 heures dans une chaleur pareille est fanée au dîner. Il faut soit monter tard, soit choisir des végétaux qui supportent la chaleur, soit accepter de refaire.
Ajoutez que juillet et août sont aussi les mois où les riads sont pleins de touristes et où les prix des vols depuis la France sont au plus haut. C’est le pire rapport qualité-prix de l’année, dans les deux pays à la fois.
Les vraies fenêtres
Trois périodes fonctionnent, et elles ne se valent pas.
Fin septembre à début novembre. C’est notre première recommandation, sans hésitation. Octobre à Marrakech affiche 28,5 degrés de maximale moyenne : chaud, sec, lumineux, et parfaitement praticable en extérieur toute la journée. La lumière de fin d’après-midi y est la plus belle de l’année. C’est aussi, en France, une période creuse — vos invités reçoivent moins d’invitations concurrentes, et vos prestataires français, si vous en emmenez, sont disponibles.
Avril et mai. 25,7 et 29,4 degrés. Excellente période également, avec des jardins en fleurs que l’automne n’a pas. Le seul bémol est la pluie résiduelle du printemps, faible mais non nulle, et le fait que la haute saison touristique a déjà commencé.
Décembre à février, pour un mariage assumé d’hiver. Marrakech en février, c’est 20,7 degrés en journée — un printemps français. Les nuits, en revanche, descendent autour de 7 degrés, ce qui interdit le dîner en extérieur et impose des braseros pour le cocktail. C’est la période la moins chère de l’année, de loin, et pour un couple qui accepte de dîner à l’intérieur, c’est une excellente affaire.
Le climat n’est pas le même partout
Le Maroc n’est pas une seule destination climatique, et l’écart entre l’intérieur et la côte est considérable au cœur de l’été.
Casablanca en août est à 26,7 degrés. C’est-à-dire un mois d’août parfaitement confortable, à trois heures de vol de Paris. Le même jour, à deux cent quarante kilomètres de là, Marrakech est à 37,4.
Cela veut dire qu’un couple contraint de se marier en plein été — parce que c’est la seule période où toute la famille peut se libérer, ce qui est la contrainte la plus fréquente — n’a pas à renoncer au Maroc. Il doit renoncer à l’intérieur des terres. Essaouira, Tanger, la côte atlantique : le mariage d’été au Maroc existe, il est simplement au bord de l’océan.
Un avertissement toutefois sur Essaouira, que le tableau des températures ne montre pas : le vent. Il y souffle une grande partie de l’année, avec une régularité qui fait le bonheur des surfeurs et le malheur des coiffures, des nappes, des bougies et des voiles. Ce n’est pas un détail que l’on découvre le jour même — c’est une contrainte de conception, qui se traite au moment de choisir le lieu et le mobilier, pas la veille.
La question qu’il faut poser avant le mois
Une dernière chose, qui n’est pas climatique mais qui décide souvent de la date : le calendrier du ramadan se décale d’environ onze jours chaque année, et il traverse donc progressivement toutes les saisons.
Il n’interdit rien, mais il change beaucoup : la disponibilité des prestataires, les horaires de travail, la nature des repas, et surtout ce que les familles considèrent comme approprié. Nous vérifions systématiquement où tombe le ramadan l’année visée, ainsi que l’Aïd, avant même de regarder les températures. C’est la première chose à caler, et c’est celle à laquelle un couple qui organise depuis la France pense en dernier.