On répète volontiers que le mariage se meurt, que le pacs l’a remplacé, et que les couples d’aujourd’hui ne veulent plus de cérémonie. C’est une idée reçue confortable, et l’état civil la contredit assez nettement.
224 740
2019
154 581
2020
218 819
2021
241 710
2022
241 080
2023
248 174
2024
251 000
2025
En 2025, la France a célébré environ 251 000 mariages. C’est le chiffre le plus élevé depuis 2015, et il progresse pour la quatrième année consécutive après l’interruption de 2020.
Le creux de 2020 fausse toutes les conversations
154 581 mariages en 2020, contre 224 740 l’année précédente : une chute de près d’un tiers. Elle n’a rien à voir avec un changement de mentalité, et tout à voir avec des mairies fermées et des rassemblements interdits.
Ce que ce creux a produit, en revanche, dure encore. Les mariages annulés en 2020 ne se sont pas évaporés : ils se sont ajoutés aux mariages normalement prévus en 2021 et 2022. Le secteur a absorbé, sur deux saisons, l’équivalent d’une année et demie de demande — et il ne s’est jamais vraiment détendu depuis, parce que la demande a continué de monter.
C’est l’explication de fond de ce que vivent les couples aujourd’hui : des lieux qui affichent complet dix-huit mois à l’avance, des prestataires qui ne rappellent pas, des tarifs qui ne se négocient plus. Ce n’est pas de la mauvaise volonté. C’est un marché où le nombre de samedis de juin n’a pas augmenté depuis 2019, mais où le nombre de mariages, si.
Le pacs n’a pas remplacé le mariage
L’autre moitié de l’idée reçue veut que le pacs ait vidé les mairies. Les deux courbes racontent une autre histoire.
Le pacs s’est installé à un niveau à peu près constant : un peu moins de 200 000 par an depuis dix ans. Il n’a pas continué à grignoter le mariage, et beaucoup de couples font les deux, à quelques années d’intervalle — le pacs d’abord, pour des raisons fiscales et pratiques, le mariage ensuite, pour la fête et la famille.
Ce détail a une conséquence directe sur votre organisation, et nous la voyons souvent : un couple déjà pacsé aborde son mariage comme une formalité déjà accomplie une fois. Ce n’en est pas une. Le dossier de mariage est autrement plus lourd que celui du pacs, particulièrement lorsqu’un des époux est né à l’étranger, et il commence plus tôt.
Ce que cela change pour vous, en pratique
Réservez comme si vous étiez en concurrence, parce que vous l’êtes. Deux cent cinquante mille mariages, dont les deux tiers sur cinq mois et huit sur dix un samedi. Le lieu n’est pas cher parce que le prestataire est gourmand ; il est cher parce que quatre couples le veulent pour la même date.
Ne comptez pas sur une détente du marché. Nous ne voyons rien, dans ces courbes, qui laisse penser que la pression va retomber à court terme. Attendre l’an prochain pour avoir de meilleurs prix est un mauvais pari.
Déplacez-vous sur le calendrier plutôt que sur la qualité. C’est le seul levier réellement efficace. Un vendredi, un mois d’octobre, une date hors de la haute saison : à budget constant, vous obtenez un meilleur lieu et une meilleure attention. Rogner sur les prestataires pour conserver un samedi de juin, c’est payer le calendrier avec la qualité de votre mariage.
Et pour un couple qui peut se marier au Maroc, il existe un levier supplémentaire que peu utilisent : les deux pays n’ont pas la même haute saison. Le samedi de juin introuvable en France ne l’est pas au Maroc, et le mois d’octobre, difficile à réserver en Provence, est précisément le meilleur moment de l’année à Marrakech.